Édition Électronique

Recherche

Recherche par terme

Journaliste

Date de parution

_

Catégories

Actualités

Retour

01 janvier 2021

Yannick Boursier - yboursier@lexismedia.ca

Perte de la vue et de l’ouïe dans les dernières années: Mario Lajeunesse a dû adapter sa vie

Mario Lajeunesse

©L'info de la Basse-Lièvre-Yannick Boursier

Camionneur de profession, Mario Lajeunesse a vécu tout un choc il y a quelques années quand il a appris qu’il ne pourrait plus conduire en raison de ses problèmes de vue.

Le résident de Masson-Angers n’a pas eu de belles nouvelles dans les dernières années pour sa santé. Il a commencé à perdre l’ouïe en 2008 et la vision en 2012.

Aujourd’hui, il est une personne malentendante. «L’oreille droite est complètement morte et l’oreille gauche est à 35%, explique-t-il. En plus, j’ai un appareil.»

Et du côté de la vue, la situation n’est pas mieux. «J’ai une vision de 6 sur 200, souligne-t-il. Ce qui veut dire que ce que je vois à 6 pieds, toi tu peux le voir à 200 pieds.»

Son problème de vision est causé par une dégénérescence maculaire, explique-t-il. Quand il regarde en face de lui, il voit comme du brouillard directement en avant. Et plus il regarde, plus ça devient noir.

Vivre avec les deux handicaps en même temps n’est pas chose facile. «Beaucoup de gens ont des problèmes de surdité et de vision en même temps, ajoute-t-il. C’est plus compliqué.» Par exemple, il ne peut pas apprendre à lire sur les lèvres ou avec les mains.

Adaptation

Dans son cas, la perte de l’ouïe et la perte de vision ont été progressives. Mais elles ont quand même mené à des décisions importantes assez rapidement, notamment pour la conduite automobile.

Mario Lajeunesse ne le cache pas, ç’a été le moment le plus difficile qu’il a eu à vivre. «En 2013, ils m’ont enlevé mon permis de conduire. Ça, ça fait plus mal qu’une claque sur la yeule. Parce que là tu viens de perdre ta liberté. Tu es obligé d’attendre après tout le monde.»

La conduite avait aussi été toute sa vie, puisqu’il a été camionneur et propriétaire d’une compagnie de camions. «C’est la seule chose qui me manque, avoue-t-il. Ç’a été le coup de grâce. Tu te dis : je ne peux plus rien faire.»

Le mot d’ordre dans ce genre de situation, c’est de s’adapter, indique M. Lajeunesse. Il a appris à voir la vie différemment et à agir différemment aussi. Et surtout à accepter son handicap. «Il faut que tu vives avec. En vivant avec, tu t’habitues. Il ne faut pas que tu dises: non, je ne vivrai pas avec.»

Une grande adaptation a été de parler de son handicap. «Au début, on allait souper au restaurant, le serveur était là et vu que je n’entendais pas je me tournais l’oreille. Ma femme a commencé à me dire : dis-lui donc que tu as un problème auditif.»

Si l’adaptation est nécessaire pour les gens qui vivent avec ces handicaps, elle est aussi nécessaire pour les membres de la famille, souligne Mario Lajeunesse. «Il faut que tu t’adaptes et que les gens autour de toi s’adaptent aussi. C’est là que ça devient compliqué.»

La famille se retrouve avec les défis liés au handicap. «Il faut souvent faire répéter les gens qui nous parlent, affirme-t-il. Des fois, ça tombe sur les nerfs.»

Pour l’aider à passer à travers ces épreuves, Mario Lajeunesse s’est tourné vers l’Association de l’Ouïe de l’Outaouais et l’ Association des personnes handicapées visuelles de l’Outaouais (APHVO). «Ils m’ont embarqué tout de suite tous les deux sur le conseil d’administration.»

Aujourd’hui, il occupe le poste de président des deux organismes qui viennent en aide aux personnes ayant des handicaps auditifs ou visuels partout en Outaouais. Il peut donc partager avec d’autres son vécu et ses enjeux liés aux deux handicaps.

Commentaires

8 janvier 2021

john graham

Bravo Mario pour ce beau témoignage qui vas surement aider d'autres personnes

Inscrivez votre commentaire

Politique d'utilisation Politique de confidentialité

Agence Web - Caméléon Média