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25 août 2020

Yannick Boursier - yboursier@lexismedia.ca

Réfection des routes: Gatineau invitée à prioriser les investissements différemment

rue Georges Buckingham

©Le Bulletin-Yannick Boursier

La méthode utilisée par la ville de Gatineau pour définir les investissements en lien avec la réfection des routes n’est pas optimale, estime la vérificatrice générale de Gatineau, Johanne Beausoleil dans son rapport dévoilée aujourd’hui.

L’an dernier, Mme Beausoleil s’était penchée sur l’état des routes, mais pour la partie construction. Cette fois, elle a poursuivi son audit pour traiter de la prise de décision et de la stratégie d’alignement.

Elle indique dans son rapport que la ville priorise en ce moment le critère du PCI (pavement condition index) pour déterminer quand des travaux doivent se faire sur une rue gatinoise. Selon les règles actuelles, une route est priorisée quand le PCI est en bas de 25 sur 100.

Cette méthode serait «critiquée» peut-on lire dans le rapport qui cite plusieurs études. «On explique que cette méthode est inefficace, car elle concentre beaucoup de ressources sur peu d’interventions, empêche d’entretenir à temps les autres chaussées qui se détériorent et se transforment en besoin de travaux lourds et augmente le déficit d’entretien cumulé (backlog). Cette stratégie traduit une vision à court terme et réactive, dans laquelle on ne considère que l’état actuel des chaussées.»

C’est ce qui se passe à Gatineau. «La méthode utilisée par la ville priorise surtout les travaux de restructuration et non pas d’entretien préventif», confirme la vérificatrice générale.

Or, il existe plusieurs autres critères qui peuvent influencer les travaux sur les routes d’une ville comme le confort de roulement et le nombre d’accidents, entre autres. Des critères qui permettraient plus d’investissement dans l’entretien des routes au lieu de devoir toujours passé par la reconstruction.

C’est ce que la vérificatrice générale de Gatineau propose à la ville de Gatineau. «La ville a commencé à utiliser d’autres stratégies, indique-t-elle. On en voit un peu du resurfaçage qu’on appelle communément la lichette. Il va falloir quand même  qu’elle revisite un peu ses stratégies pour utiliser davantage ce type d’entretien plus correctif.»

Selon la vérificatrice générale, cette façon de faire pourrait être avantageuse à long terme pour la ville. «À long terme, une stratégie mixte, c’est à dire d’entretien, de correction et de la reconstruction complète pourrait permettre de sauver environ 15%.»

Dans son rapport, Johanne Beausoleil ne spécifie pas quelle méthode la ville devrait utiliser puisque ça reste une responsabilité de la ville. «Ça va être à la ville de décider qu’elle proportion des travaux elle veut faire dans chacune des catégories.»

Ça dépend de la situation de chaque rue, ajoute-t-elle.  «En fonction  de l’état des routes, il faut voir quelle route on priorise en fonction de quel critère et quel montant d’argent la ville est prête à mettre à chacune des années pour maintenir les routes, mais aussi rattraper le déficit d’entretien des années passées.»

Déficit moins important

D’ailleurs, la vérificatrice générale s’est aussi penchée sur le déficit accumulé des infrastructures routières de la ville de Gatineau. Selon elle, il est moins important que le montant avancé. La ville affirme que le besoin en maintien est de 59 millions $ et que le rattrapage total est de 558 millions $, soit 21 millions $ par année. Pour un total de 80 millions $ annuellement.  

Le besoin en maintien est obtenu par un calcul qui tient compte du nombre de kilomètre de routes et la dégradation moyenne annuelle du réseau évalué à 3,5%. Un montant d’environ 1,1 million$ pour une reconstruction complète est aussi calculé pour arriver au montant final. Le besoin en rattrapage tient aussi compte du cout de reconstruction complet.

Selon la vérificatrice générale, ces chiffres sont trop élevés puisque la dégradation moyenne de l’état de la chaussée de la ville de Gatineau est plus autour de 1,5%. «On utilise aussi l’hypothèse qu’on refait les routes de A à Z chaque fois. Si on utilise des chiffres plus réalistes, ça nous donnerait un montant de 60-65 millions $.»

Gatineau investit présentement 27,4 millions $ dans la réfection de ses rues et un peu plus de 2 millions $ dans les travaux publics pour l’entretien. Des subventions et autres sommes peuvent aussi s’ajouter.

Même si ce chiffre est inférieur au montant requis, le niveau de réinvestissement reste dans la moyenne pour les autres municipalités semblables au Québec, souligne Mme Beausoleil. «Aucune ville n’investit 100% de tous ses besoins. C’est impossible.»

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