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14 août 2017

«C’est mon rêve de retraite qui vient de prendre le bord»

©Photo TC Media - Louis-Charles Poulin

INONDATIONS. Un couple sur le point de prendre leur retraite avait l’intention de s’installer à longueur d’année dans leur résidence secondaire, située sur le chemin du Fer-à-Cheval, mais leur plan est tombé à l’eau en raison de la crue printanière. 

«C’est mon rêve de retraite qui vient de prendre le bord. Ça fait mal et ça fait même réellement mal. On essaye d’avaler la pilule, mais ce n’est pas facile», se plaint la résidente en compagnie de son mari, qui tous deux préfèrent garder l’anonymat. Puisque leur résidence située à Masson-Angers est leur maison de villégiature, le couple de Gatineau mentionne n’avoir droit à aucune aide financière à l’exception de 18 000 $ en crédits d’impôt. Cela représente bien peu comparativement à l’étendue des dégâts causés par les inondations historiques de ce printemps. «On a eu facilement quatre pieds d’eau dans notre chalet et on a vraiment tout perdu. On a pu de plancher, les murs sont coupés à moitié et les meubles sont tous partis», fait remarquer le couple de sinistrés visiblement encore sous le choc de voir «la désolation» de leur propriété. «On aurait préféré passer au feu et voir notre chalet en cendre que de le voir dans cet état de désolation-là et devoir le ramasser morceau par morceau à cause des inondations.»

Leur chalet, où il passait l’été et la période des fêtes pour se reposer, ressemble davantage à une vielle remise de rangement. C’est d’ailleurs ce à quoi il servira dorénavant, indiquent-ils. «La carcasse du chalet tient encore debout, donc ça va devenir une grosse remise ou appelle ça comme tu voudras», s’attriste le couple. «On ne sait pas si on peut rebâtir ou non. Personne n’est venue nous voir, donc on s’est trouvé un plan B», informent-ils en pointant leur toute nouvelle roulotte installée dans leur stationnement où ils prévoient y passer leurs étés pour profiter de la vue sur la rivière. «Qu’ils ne viennent pas nous dire qu’on a pas le droit d’avoir de roulotte sur notre terrain, parce que là ça va brasser […] Je ne sais pas ce qui va se passer avec nos taxes, mais c’est certain que je ne payerai plus de taxes pour un chalet. On veut qu’ils viennent visiter et réévaluer notre terrain», ordonnent les propriétaires qui déplorent le manque d’informations et de soutien durant la crue printanière et actuellement. «Le minimum aurait été de nous offrir du soutien psychologique», dénonce le couple qui ne souhaite pas revivre une telle situation.

©Photo TC Media - Louis-Charles Poulin

Ils ne sont pas les seuls à vivre difficilement la période post-inondation sur le chemin du Fer-à-Cheval, alors que plusieurs ont vu leur résidence principale être complètement ravagée par les inondations. Plusieurs ont appris récemment qu’ils ne pourraient pas regagner leur maison, alors que d’autres attendent de savoir s’ils pourront la rénover ou non. Certains ont décidé de payer de leur poche les travaux afin de se rebâtir sans avoir obtenu d’approbation et de garantie de remboursement. «Même si on obtient les permis de construction, il y a toujours l’inquiétude à savoir si on va pouvoir trouver des professionnels pour faire le travail dans les normes de prix qu’on nous donne. Je crois qu’on va tous devoir débourser une partie de notre poche», estime une autre résidente dont le terrain et la résidence sont toujours dans un état pitoyable. «On est plusieurs personnes à avoir perdu tous les acquis de notre vie», dit celle qui prie la municipalité et les deux paliers gouvernementaux de ne pas les oublier et de leur porter soutien.

La Direction des communications du ministère des Affaires municipales et de l'Occupation du territoire et du ministère de la Sécurité publique informe la population que des employés supplémentaires ont été embauchés par le gouvernement provincial pour traiter les dossiers des sinistrés. «Chaque analyste a environ 200 dossiers à sa charge.  Malgré les congés de certains employés, d’autres personnes assurent la relève afin de répondre aux questions des sinistrés et de procéder au traitement du dossier lorsque cela est nécessaire. À aucun moment le dossier d’un sinistré ne sera retardé en raison de l’absence de la personne responsable du dossier», fait savoir le Relationniste médias, Olivier Cantin.  Il précise qu’il est important d’effectuer certains travaux rapidement, entre autres, le nettoyage et la démolition des matériaux contaminés afin d’éviter des dommages additionnels et pour des raisons de santé.

«Des avances de fonds sont faites aux sinistrés afin de couvrir des frais déjà engagés et leur permettre de débuter les travaux de rénovation, le cas échéant. Lorsque les sinistrés ont justifié les avances versées, d’autres paiements peuvent être effectués selon l’avancement des travaux et le remplacement des biens. Lorsque les travaux seront terminés et que les pièces justificatives seront fournies, les sinistrés recevront le reste de l’aide financière à laquelle ils ont droit en fonction des dommages admissibles au programme. Il est important de mentionner que l’admissibilité de chaque réclamation doit être validée par la personne responsable du dossier. Les experts effectuant les évaluations de dommages ne sont donc pas en mesure de confirmer si des montants seront admissibles ou non dans les dossiers», ajoute-t-il en spécifiant que les sinistrés peuvent fournir au ministère leurs documents par courriel, télécopie, poste et en mains propres dans un bureau temporaire en s’assurant d’indiquer le numéro de dossier et le nom de la personne qui a procédé à l’ouverture de la réclamation. À noter que seulement les résidences principales peuvent obtenir de l'aide financière du gouvernement.

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